Gaffe télescopique : à quoi elle sert et comment la choisir

Telescopic Boat Hook: What It's For and How to Choose - easysea

Une gaffe télescopique vous permet d'atteindre et d'attraper bouts, chaînes, filins de bouée et anneaux de quai à bonne distance, sans jamais vous pencher dangereusement par-dessus bord. Son manche extensible vous permet de travailler en confiance lors des amarrages, des prises de corps-mort et des manœuvres serrées dans les zones encombrées, en gardant les mains loin du balcon et le poids du corps bien à l'intérieur du bateau. Là où une gaffe de longueur fixe vous impose une seule portée, la version télescopique s'adapte à l'instant : courte et précise pour travailler le long d'un ponton, longue et stable pour accrocher un filin de bouée deux mètres sous l'étrave. C'est précisément cette souplesse qui en a fait, discrètement, un équipement de pont incontournable sur les bateaux de croisière de toutes tailles.

C'est l'un des outils les plus sous-estimés du bord, et pourtant il fait régulièrement la différence entre un amarrage net et posé et une improvisation de dernière seconde. La plupart des plaisanciers n'en mesurent l'intérêt qu'après une manœuvre ratée, quand une bouée dérive juste hors de portée ou qu'un bout glisse du pont alors que le bateau est déjà en mouvement. Dans ce guide, nous voyons à quoi sert vraiment une gaffe télescopique, quelles caractéristiques comptent réellement au moment de l'achat, et comment choisir un modèle adapté à votre bateau, à votre équipage et à votre façon de naviguer. L'objectif est simple : moins de précipitation, des ponts plus sûrs et des amarrages qui semblent faciles parce qu'ils le sont.

Ce qu'est une gaffe télescopique

Dans sa forme la plus simple, une gaffe est un manche muni d'une tête spécialisée à une extrémité, conçue pour prolonger le bras et vous donner du bras de levier sur les bouts, les anneaux et les objets que vous ne pourriez pas atteindre depuis la sécurité du pont. La version télescopique remplace la perche fixe unique par deux tubes ou plus, emboîtés les uns dans les autres, qui coulissent et se bloquent à n'importe quel point de leur course. Repliée, elle est assez courte pour se ranger dans un coffre de cockpit ou se clipser dans un support de filière ; déployée, elle double ou triple sa longueur en quelques secondes. C'est cette combinaison de rangement compact et de grande allonge qui la rend bien plus polyvalente que la traditionnelle perche en bois avec laquelle beaucoup d'entre nous ont grandi.

L'anatomie de l'outil

Comprendre les différentes pièces aide à juger la qualité d'un coup d'œil. La tête est généralement en plastique moulé ou en métal revêtu et comporte au moins un croc pour tirer et souvent un nez émoussé ou une seconde corne pour pousser. Le manche est l'élément porteur et c'est là que se joue l'essentiel de l'écart de prix, typiquement en aluminium anodisé ou en fibre de carbone. Entre les tubes se trouve le système de blocage, soit une came interne qui se dilate lorsque l'on tourne le tube, soit un levier de serrage externe : c'est ce composant qui détermine si la gaffe tient bon en charge ou se rétracte au pire moment. Enfin, la poignée à la base doit être texturée ou caoutchoutée pour rester bien en main, même mouillée ou gantée. Chacun de ces éléments peut être bon ou médiocre indépendamment des autres, il vaut donc mieux examiner l'outil dans son ensemble plutôt qu'un seul argument mis en avant.

Manche fixe ou télescopique

Une gaffe de longueur fixe coûte moins cher, n'a aucune pièce mobile susceptible de lâcher et se montre légèrement plus rigide à poids égal, ce qui explique que certains traditionalistes y restent attachés. La contrepartie, c'est qu'elle vous oblige à choisir votre portée à l'avance, puis à trouver où ranger une perche encombrante et intraitable. Une gaffe télescopique supprime ce compromis : vous emportez un seul outil qui s'adapte à un ponton bas, à une étrave à franc-bord élevé ou à un corps-mort éloigné, et qui disparaît dans un coffre une fois le travail terminé. Pour la plupart des plaisanciers d'aujourd'hui, surtout ceux qui disposent de peu de rangement et alternent les types de mouillage, la souplesse du télescopique compense largement la légère perte de rigidité et l'entretien supplémentaire qu'exigent les sections coulissantes.

À quoi sert une gaffe

La gaffe mérite sa place sur le pont parce qu'elle accomplit plusieurs tâches qui vous obligeraient sinon à vous mettre en danger. Comprendre chacune de ces tâches aide à acheter le bon outil et, tout aussi important, à bien l'utiliser quand la pression monte.

Prendre une bouée de corps-mort

Attraper une bouée de corps-mort est le moment classique de la gaffe, et c'est là qu'un bon outil prouve sa valeur. Tandis que le bateau approche de la bouée, vous utilisez le croc pour accrocher le filin de reprise, l'estrope ou l'anneau et le hisser à bord avant que l'étrave ne dépasse. L'allonge d'un manche télescopique est décisive ici, car elle vous permet d'entrer en contact alors que la bouée est encore devant vous, au lieu d'attendre qu'elle soit à couple et déjà en train de s'échapper. Réussir du premier coup garde l'équipage calme et le bateau sous contrôle, ce qui compte encore plus quand personne n'est là pour aider à l'avant. Si vous prenez régulièrement un corps-mort sans équipage complet, notre guide sur la façon de prendre une bouée de corps-mort en solo détaille le timing et la position du corps qui font travailler la gaffe à votre place.

Récupérer les amarres

Dans une marina, la gaffe prolonge votre bras pour rattraper les amarres tombées d'un taquet, passées dans un anneau de quai ou frappées autour d'un pieu juste hors de portée. Plutôt que de poser le pied sur une panne glissante ou de vous étirer au-dessus du vide, vous accrochez l'amarre et la ramenez au bateau pour la frapper correctement. C'est particulièrement précieux dans les secondes qui suivent l'accostage, quand le bateau n'est pas encore amarré et que chaque instant compte. Une tête dont la gorge est bien dessinée retient fermement le cordage pendant que vous tirez, au lieu de le laisser échapper à mi-chemin.

Déborder

Pousser est aussi important que tirer. Quand l'étrave se rapproche d'un quai, d'une coque voisine ou d'un angle de ponton, la gaffe vous permet d'exercer une poussée contrôlée pour ouvrir l'espace et éviter le contact du gelcoat avec le béton. Utilisée avec douceur et suffisamment tôt, elle suffit à replacer un bateau léger sur sa trajectoire sans drame. Il faut souligner qu'il s'agit d'un travail de petites corrections, pas d'arrêter un bateau lancé avec une réelle inertie, mais comme outil de réglage fin lors d'une manœuvre à faible vitesse, la gaffe est irremplaçable.

Récupérer des objets et premier contact en cas d'homme à la mer

Tôt ou tard, quelque chose passe par-dessus bord : un pare-battage mal amarré, une casquette, un bout qui traîne dans l'eau. La gaffe transforme un objet perdu en récupération rapide au lieu d'un lent demi-tour au moteur. Dans le cas bien plus grave d'une personne à l'eau, une gaffe peut aider à établir ce premier contact critique, en vous permettant d'attirer doucement la victime vers le bateau une fois la coque amenée à sa hauteur. C'est un outil d'appoint dans ce scénario, jamais un substitut à un système de récupération dédié, mais disposer d'une grande allonge fiable à portée de main peut faire gagner de précieuses secondes.

Pourquoi choisir le télescopique

La longueur réglable n'est pas un gadget : elle change la manière et le moment où vous pouvez utiliser l'outil. Une seule gaffe couvre désormais des situations qui exigeraient sinon deux perches différentes, tout en prenant moins de place à bord.

Une allonge à une main pour les navigateurs solo et en équipage réduit

Pour qui navigue seul ou avec un équipage réduit, pouvoir régler l'allonge d'une seule main est un vrai atout de sécurité. Vous pouvez déployer le manche en quittant la barre, vous caler contre un chandelier et garder une main libre pour vous tenir ou choquer un bout. L'outil s'adapte à la bouée ou à l'amarre devant vous au lieu de vous obliger à repositionner le bateau autour d'une longueur fixe. Cela compte surtout dans les moments où vous avez le moins d'aide disponible, raison pour laquelle le matériel léger et à portée de main revient souvent dans nos conseils pour naviguer en solo. Quand vous êtes tout l'équipage à vous seul, chaque outil qui vous permet d'en faire plus avec moins de gestes mérite sa place dans le coffre.

Rangement et praticité au quotidien

Une gaffe fixe assez longue pour atteindre une étrave haute est un objet encombrant à ranger, et elle finit souvent coincée à un endroit peu pratique, oubliée jusqu'au moment où l'on en a besoin dans l'urgence. Un modèle télescopique se réduit à une fraction de cette longueur : il entre dans un coffre de cockpit, une soute arrière ou une paire de clips de filière à portée de main du barreur. Cette commodité a un corollaire en matière de sécurité : une gaffe que l'on peut saisir en deux secondes est réellement utilisée, alors qu'une gaffe enfouie sous les voiles et les pare-battages ne l'est pas. Le meilleur équipement de pont est celui que l'on garde à proximité, et la conception télescopique rend cela bien plus facile.

Jake™, la gaffe télescopique
EASYSEA · GAFFE TÉLESCOPIQUE
Jake™, la gaffe télescopique
Découvrir Jake

Comment choisir : les critères qui comptent

Toutes les gaffes télescopiques ne sont pas fabriquées selon le même standard, et les différences apparaissent précisément lorsque l'outil est mis sous charge. Le tableau ci-dessous résume les caractéristiques à évaluer avant l'achat, et les sections suivantes expliquent comment juger chacune d'elles pour votre bateau.

Caractéristique Ce qu'il faut vérifier
Longueur fermée / déployée La course doit couvrir la hauteur de votre franc-bord plus une marge confortable. Les bateaux à franc-bord élevé demandent plus d'extension, mais l'outil doit rester assez court replié pour être rangé.
Matériau du manche L'aluminium anodisé est léger et abordable. La fibre de carbone est plus rigide et plus légère, avec moins de flexion en extension maximale, mais coûte davantage.
Système de blocage Blocage à came ou par rotation : il doit tenir sous charge sans se rétracter quand vous tirez sur un bout, et rester fiable après exposition au sel et au sable.
Tête / croc Un double croc (un pour tirer, un pour pousser) et une pointe qui n'abîme ni le gelcoat, ni la peinture, ni les œuvres mortes du voisin.
Flottabilité Un modèle qui flotte peut être récupéré s'il passe par-dessus bord, au lieu d'être perdu au fond.
Poignée Antidérapante et confortable, utilisable d'une seule main avec les mains mouillées ou gantées.

Choisir la bonne longueur selon votre franc-bord

La longueur est le premier point à régler, car une gaffe qui ne peut pas atteindre l'eau depuis votre étrave est pire qu'inutile. Mesurez la distance verticale entre votre passavant ou votre davier et la ligne de flottaison, puis ajoutez une marge pour pouvoir accrocher tout en restant debout et à l'intérieur du bateau plutôt que penché par-dessus la filière. En règle générale, l'extension maximale doit dépasser confortablement la hauteur à atteindre, et les bateaux de croisière finissent généralement par demander une course comprise entre environ 1,2 et 2 mètres, voire plus. Gardez en tête qu'un même bateau peut présenter des hauteurs très différentes à l'avant, au maître-bau et à l'arrière : choisissez donc en fonction du point le plus haut depuis lequel vous pensez travailler. Acheter une gaffe qui s'allonge un peu plus que nécessaire ne coûte presque rien et vous évite la frustration d'être trop court au moment critique.

Matériau du manche : aluminium ou carbone

Le manche encaisse la charge et définit le ressenti de l'outil : le choix du matériau n'est donc pas qu'esthétique. L'aluminium anodisé est robuste, résistant à la corrosion, économique et de loin l'option la plus répandue, ce qui en fait le choix par défaut raisonnable pour la plupart des propriétaires. La fibre de carbone coûte nettement plus cher mais est plus légère et sensiblement plus rigide, ce qui signifie qu'elle fléchit moins en extension complète et reste plus stable lorsque vous placez précisément le croc sur un bout éloigné. Ce surcroît de rigidité est surtout intéressant sur les bateaux plus grands à franc-bord élevé, ou pour les navigateurs qui utilisent souvent la gaffe en solitaire, où un outil léger et précis réduit la fatigue et améliore le contrôle. Pour un voilier compact utilisé quelques fois par saison, un bon aluminium suffit généralement ; l'argent économisé sera mieux dépensé ailleurs sur le pont.

Système de blocage et tenue en charge

Le mécanisme de blocage est la caractéristique que les propriétaires négligent le plus souvent et regrettent le plus souvent. Il doit faire une chose parfaitement : maintenir la longueur déployée de façon totalement ferme lorsque vous tirez fort sur une amarre lourde et mouillée. Un blocage qui glisse ou se rétracte sous charge transforme une récupération de routine en maladresse et peut, en prime, vous pincer les doigts. Les blocages à came internes comme les leviers de serrage externes peuvent être excellents, mais le sel, le sable et les UV laissent des traces : cherchez donc un mécanisme facile à rincer et, idéalement, à entretenir. Avant de faire confiance à une gaffe neuve, testez-la fermement au ponton en la déployant et en appuyant votre poids sur la tête pour vérifier qu'elle ne bouge pas.

Conception de la tête, du croc et de la pointe

L'extrémité active détermine la capacité réelle de l'outil à accrocher et à retenir. Une tête bien conçue offre une gorge profonde et bien galbée qui capture le bout et l'empêche de ressortir quand vous le ramenez vers vous, plus une corne séparée ou un embout arrondi pour repousser. Il est tout aussi important que la tête respecte les surfaces : une pointe souple ou arrondie protège votre gelcoat et votre peinture, et épargne les œuvres mortes du voisin quand vous déboîtez dans une place étroite. Certaines têtes sont moulées dans une couleur vive pour la visibilité, ce qui aide à retrouver la gaffe rapidement et à la placer précisément par faible luminosité. Il vaut la peine de prendre une gaffe en main avant d'acheter, ou au moins d'étudier de près la forme de la tête, car un mauvais profil de gorge compromet tout le reste.

Flottabilité et poignée

Deux détails plus modestes complètent une bonne gaffe. La flottabilité compte parce que, tôt ou tard, l'outil passera par-dessus bord, et un modèle conçu pour flotter pourra simplement être repêché au lieu d'être regardé couler. La poignée compte parce que vous utiliserez souvent la gaffe précisément dans les conditions, embruns, pluie et froid, qui rendent un manche lisse traître ; une base texturée ou caoutchoutée qui reste sûre sous des gants mouillés vous donne le contrôle confiant, à une main, que l'outil est censé offrir. Aucune de ces caractéristiques ne coûte cher, mais ensemble elles distinguent une gaffe qui inspire confiance d'une gaffe que l'on manipule avec appréhension.

Adapter la gaffe à votre type de navigation

La bonne gaffe est celle qui correspond à votre façon et à votre zone de navigation, pas simplement celle dont la fiche technique est la plus longue. Réfléchir à vos manœuvres habituelles avant l'achat vous orientera vers la longueur, le matériau et la tête qui vous serviront le mieux.

Croisière et amarrage à la méditerranéenne

Si votre saison s'organise autour des ports et de l'amarrage cul à quai à la méditerranéenne, la gaffe passe l'essentiel de sa vie à récupérer des pendilles, à accrocher des anneaux de quai et à écarter le bateau dans des espaces étroits et ventés. Ici, un tube en aluminium robuste, avec une gorge généreuse qui n'accroche pas et une pointe qui ne marque pas les surfaces, correspond exactement au bon profil, puisque vous irez chercher des bouts bien plus souvent que des bouées lointaines. Associez-la à des amarres et des pare-battage bien préparés, et n'oubliez pas que l'embarquement cul à quai est une petite discipline à part entière ; si vous débarquez aussi par le tableau arrière, notre guide sur le choix d'une passerelle gonflable traite du volet passerelle de la même manœuvre. Le bon accastillage de pont fonctionne comme un système, et la gaffe fait partie d'un kit d'amarrage qui doit être choisi dans son ensemble.

Configurations en solitaire et en équipage réduit

Pour les navigateurs en solitaire ou en équipage réduit, les priorités se déplacent vers l'allonge, la légèreté et la manipulation à une main, car vous manœuvrerez souvent la gaffe tout en surveillant la barre et vos propres appuis. Une extension un peu plus longue vous donne le temps d'établir le contact plus tôt, et un tube plus léger, en aluminium haut de gamme ou en carbone, garde l'outil maîtrisable quand vous n'avez qu'une main de libre. La ranger dans des clips de filière près de la barre plutôt que dans un coffre, c'est l'avoir prête à l'instant où vous en avez besoin. C'est la même philosophie que celle d'un plan de pont bien pensé pour le solitaire, et elle s'accorde naturellement avec nos équipements compacts de récupération d'homme à la mer comme le système Way2, conçu autour de la même idée : garder le matériel critique léger et immédiatement accessible.

Jake™ — la gaffe télescopique
EASYSEA · GAFFE TÉLESCOPIQUE
Jake™ — la gaffe télescopique
Découvrir Jake

Conseils d'utilisation à bord

Posséder une bonne gaffe n'est que la moitié du chemin ; c'est de bien s'en servir que dépendent des amarrages calmes et maîtrisés. Quelques habitudes font la différence entre un outil qui sauve la situation et un outil qui gêne.

Rangez-la à portée de main

Gardez la gaffe là où vous pouvez la saisir en quelques secondes, idéalement dans un support de filière ou de rouf plutôt qu'enfouie au fond d'un coffre profond. Une gaffe que vous pouvez atteindre sans quitter la barre est une gaffe qui sert réellement au bon moment, alors que celle qu'il faut aller déterrer arrive généralement trop tard. Si vous naviguez en équipage réduit, placez-la de manière à pouvoir la prendre en allant vers l'avant sans rompre votre élan. Le meilleur rangement est celui qui fait de la prise en main de la gaffe un réflexe plutôt qu'une corvée.

Déployez-la avant l'approche

Réglez la longueur nécessaire avant d'arriver sur la bouée ou le quai, jamais quand vous êtes déjà au cœur de la manœuvre. Se battre avec le blocage au moment du contact, c'est ainsi qu'on rate les bouées et qu'on se pince les doigts, et cela vous détourne de la conduite du bateau. Déployez et bloquez le tube pendant que vous avez encore du temps et vos deux mains, puis engagez la récupération avec l'outil bien en main. Quelques secondes de préparation vous offrent une approche bien plus sereine.

La technique au moment de la prise

Quand vous accrochez une bouée ou un bout, cherchez à l'amener vers vous par un mouvement fluide dans l'axe du tube, plutôt qu'en tirant brusquement sur le côté. Une traction vers le corps installe le bout au fond de la gorge de la gaffe et l'y maintient, alors qu'un coup latéral le laisse glisser de la pointe juste au moment où vous pensiez l'avoir. Laissez la lente dérive du bateau travailler pour vous, en calant votre geste de sorte que la bouée vienne à vous plutôt qu'elle ne vous échappe. Exécuté en douceur, cela devient un mouvement unique et posé qui, vu du quai, paraît parfaitement naturel.

Ce qu'il ne faut pas faire

Ne considérez jamais la gaffe comme un levier structurel ou un point d'appui capable d'arrêter toute la masse d'un bateau en mouvement. C'est un outil de précision pour guider, accrocher et écarter, pas un pare-battage ni un frein, et lui demander d'absorber une vraie inertie, c'est ainsi que les tubes plient et que les têtes se brisent. Si le bateau arrive avec trop d'erre, la solution consiste à casser cette vitesse avec le moteur et les amarres, pas à arc-bouter la gaffe contre un pieu en espérant que ça tienne. Respectez les limites de l'outil et il vous servira fidèlement pendant des années ; demandez-lui de faire le travail d'un pare-battage et il cédera précisément quand vous en aurez le plus besoin.

Entretien

Une gaffe télescopique vit dans un environnement éprouvant de sel, de soleil et de poussière abrasive, et un peu d'entretien régulier la maintient en état de marche. Rincez le tube à l'eau douce après usage, en portant une attention particulière aux sections de blocage où les cristaux de sel et le sable peuvent s'accumuler et finir par faire glisser ou gripper le mécanisme. De temps à autre, déployez l'outil complètement, essuyez les tubes intérieurs et vérifiez l'usure des blocages, en remplaçant les cames d'expansion ou les pièces de serrage usées avant qu'elles ne vous laissent tomber. Inspectez la tête à la recherche de fissures ou d'un crochet poli par l'usure qui ne retient plus rien, car une gorge fatiguée est une cause fréquente et facile à négliger de bouts qui s'échappent. Avec ce peu d'attention, une gaffe de qualité restera fiable saison après saison, prête à rendre chaque amarrage un peu plus serein.

Questions fréquentes

Quelle longueur choisir pour une gaffe télescopique ?

La bonne longueur dépend du franc-bord de votre bateau, c'est-à-dire de la distance verticale entre votre pont de travail et l'eau. En règle générale, l'extension maximale doit dépasser d'au moins un demi-mètre la hauteur à atteindre, afin de pouvoir établir le contact debout et en sécurité à l'intérieur du bateau plutôt qu'en vous penchant par-dessus la filière. Les bateaux de croisière utilisent couramment une course d'environ 1,2 à 2 mètres ou plus, mais vous devez mesurer votre propre point de travail le plus haut, généralement l'avant, et choisir en conséquence. Voir un peu large ne coûte presque rien et vous évite la frustration d'être trop court quand une bouée reste juste hors de portée.

Aluminium ou carbone : que choisir ?

Pour la plupart des propriétaires, l'aluminium anodisé est le choix raisonnable : il est résistant, inoxydable, abordable et parfaitement adapté à un usage de croisière classique. La fibre de carbone est plus légère et plus rigide, donc elle fléchit moins en extension maximale et reste plus stable quand vous devez poser la gaffe avec précision sur un bout éloigné. Cet avantage se justifie surtout sur les bateaux plus grands, à franc-bord élevé, ou pour les navigateurs qui utilisent fréquemment la gaffe en solitaire, où le gain de poids et la rigidité supplémentaire améliorent réellement le contrôle. Si votre gaffe ne sort que quelques fois par saison, un bon aluminium vous servira très bien et vous laissera investir la différence ailleurs.

Les gaffes flottent-elles ?

Non, pas toutes : mieux vaut donc vérifier avant d'acheter. Certains modèles sont spécialement conçus pour flotter, ou sont dotés de poignées et de têtes flottantes qui maintiennent l'outil en surface s'il passe par-dessus bord, ce qui vous permet de le repêcher plutôt que de le regarder couler. Si vous naviguez en solitaire ou en équipage réduit et que vous travaillez souvent à l'avant sans personne pour récupérer un outil tombé à l'eau, un modèle flottant réduit sensiblement le risque de le perdre. Même lorsque la flottabilité est intégrée, une courte sangle mousquetonnée à un chandelier constitue une assurance bon marché.

Puis-je utiliser une gaffe en cas d'homme à la mer ?

Une gaffe peut aider au premier contact : elle vous permet de tendre le bras et d'attirer doucement une personne vers le bateau une fois que vous avez amené la coque à sa hauteur. Mais c'est un outil d'appoint, pas un système de récupération. Elle ne remplace pas l'équipement dédié à l'homme à la mer et au relevage, et la manœuvre elle-même doit être conduite avec des procédures adaptées, une approche réfléchie et le matériel approprié pour remonter la personne à bord. Voyez la gaffe comme un maillon de cette chaîne, utile pour combler les derniers centimètres, et non comme la réponse à toute l'urgence. S'entraîner à la procédure de récupération avec l'équipage avec lequel vous naviguez habituellement compte bien plus que n'importe quel outil.

Où ranger une gaffe télescopique à bord ?

Rangez-la à un endroit accessible en deux secondes sans quitter la barre, ce qui signifie, sur la plupart des bateaux, une paire de clips le long du rouf ou de la filière plutôt que le fond d'un coffre profond. L'accessibilité est en soi un élément de sécurité : une gaffe que l'on peut saisir instantanément est réellement utilisée au bon moment, tandis qu'une gaffe qu'il faut déterrer arrive généralement trop tard. Si vous naviguez en équipage réduit, choisissez un emplacement sur le trajet que vous empruntez naturellement pour aller vers l'avant, afin que la prendre ne vous coûte aucun pas supplémentaire. Repliée pour le rangement, une gaffe télescopique rend cela facile, ce qu'une longue perche fixe ne permettra jamais.

Une gaffe peut-elle servir à déborder ?

Oui, déborder fait partie de ses fonctions principales, à condition de l'utiliser pour de petites corrections anticipées et non pour absorber une réelle inertie. Appliquée en douceur dès que l'étrave commence à venir vers un quai ou une coque voisine, la gaffe peut ouvrir l'écart et maintenir les surfaces à distance, surtout avec un embout souple ou arrondi qui ne marquera pas le gelcoat. Ce qu'elle ne peut pas faire, c'est arrêter un bateau déjà en mouvement avec tout son poids : chercher à l'arc-bouter contre un pieu pour stopper cette masse tordra le manche ou cassera la tête. Cassez l'excès de vitesse au moteur et avec les amarres, et laissez la gaffe se charger uniquement des ajustements fins pour lesquels elle est conçue.

En lire plus

Barber hauler: what it is and how to rig it - easysea
Mainsail Traveller: How to Adjust the Car - easysea

Laisser un commentaire

Ce site est protégé par hCaptcha, et la Politique de confidentialité et les Conditions de service de hCaptcha s’appliquent.

Summer Sale · 15 → 31 août

Summer Sale.

Prix Summer Sale sur tout le catalogue. Remise déjà appliquée, aucun code à saisir. Le 1er septembre, retour au prix catalogue, automatiquement.

--
Jours
--
H
--
Min
--
Sec
Voir les offres