Les lazy jacks sont un système de petits cordages installés de part et d'autre de la grand-voile qui retiennent, maintiennent et canalisent la voile sur la bôme pendant l'affalage, empêchant la toile de s'étaler sur le pont ou de tomber à l'eau. Imaginez un berceau en V peu profond courant le long de chaque côté de la bôme, sa pointe fixée au mât aux deux tiers environ de sa hauteur et son ouverture étalée le long de l'espar en dessous : lorsque vous choquez la drisse, la grand-voile se dépose dans ce berceau en plis réguliers au lieu de dévaler sur le rouf. Tout l'intérêt du montage est le contrôle. Un système de lazy jacks bien réglé transforme l'affalage de la grand-voile, d'une manœuvre à deux dans l'urgence, en une opération qu'un seul équipier gère calmement, même quand le vent monte et que le pont bouge. Dans ce guide, nous voyons ce qu'est réellement ce système, comment il est construit composant par composant, comment l'installer et le tendre correctement, comment diagnostiquer les quelques problèmes qui peuvent survenir, comment les lazy jacks s'associent à un lazy bag, et comment choisir les bons matériaux et points de renvoi pour que l'installation dure et fonctionne silencieusement pendant des saisons.
Ce que sont les lazy jacks et pourquoi ils comptent
Dans sa forme la plus simple, un lazy jack n'est rien d'autre qu'une longueur de cordage installée de façon à s'écarter d'un côté de la voile et à créer une limite que la grand-voile qui descend ne peut pas franchir. Multipliez cette idée par deux côtés et plusieurs points d'attache et vous obtenez un filet tridimensionnel qui canalise la voile vers le bas et vers l'intérieur à mesure que la gravité la sort de la gorge de mât. Si ce système est devenu quasi universel sur les bateaux de croisière, c'est qu'il résout un moment réellement délicat de la navigation : dès que la drisse est larguée, une grand-voile de belle surface veut aller partout à la fois et, sans rien pour la contenir, la voile fasseye, retombe sur les filières, ensevelit la bôme et exige généralement que quelqu'un aille à l'avant se battre avec elle. Les lazy jacks anticipent tout cela en maintenant la voile empilée au-dessus de la bôme, là où elle doit être. Pour les équipages réduits, pour quiconque navigue sur un bateau plus grand que ce que ses muscles permettent, et pour les croiseurs qui veulent simplement réduire les risques d'être jetés hors du rouf dans la mer formée, l'intérêt est évident et immédiat.
Il convient d'être clair sur ce que les lazy jacks ne sont pas. Ce n'est pas une aide au hissage et ils ne participent pas au réglage de la voile ; ils n'apportent rien quand la voile est hissée et porte. Tout leur travail se joue dans la transition entre le hissage complet et le rangement complet, et un bon système est celui que l'on remarque à peine en navigation et dont on est reconnaissant au moment de lofer pour affaler la grand-voile. Cette distinction est importante, car elle guide toutes les décisions de conception qui suivent. Comme les cordages vivent près de la chute et des lattes, ils doivent être positionnés et tendus de manière à guider la voile vers le bas sans jamais gêner sa montée. Trouvez ce juste équilibre et le système s'effacera à l'arrière-plan ; ratez-le et vous lutterez contre le gréement à chaque hissage. Tout ce qui suit dans les sections ci-dessous vise en définitive à atteindre cette efficacité discrète et silencieuse.
Comment le système est construit : les composants
Comprendre les pièces rend l'installation, le réglage et la réparation bien plus intuitifs, car chaque élément remplit une fonction précise et les modes de défaillance correspondent nettement aux composants. De haut en bas, un système de lazy jacks se compose de quatre éléments fonctionnels : le point d'ancrage supérieur sur le mât, les cordages principaux descendants, les branches de récupération qui s'étalent le long de la bôme, et les points de renvoi où les cordages changent de direction. Apprenez à voir le système comme ces quatre éléments et vous saurez toujours où regarder quand quelque chose ne fonctionne pas. La qualité d'un système dépend moins du cordage lui-même que de la propreté d'exécution de ces quatre pièces et du peu de frottement qu'elles introduisent.
Le point d'ancrage supérieur
Le système est suspendu à une fixation sur le mât placée aux deux tiers environ de la hauteur depuis la bôme, positionnée de façon que les cordages descendants passent au clair des barres de flèche et s'écartent de la voile selon un angle judicieux. C'est le point le plus chargé de tout le montage, car chaque branche de ce côté y remonte en définitive : il doit donc être solide, peu encombrant et sans ragage. Une boucle textile en cordage haut module amarrée ou épissée autour du mât, ou bien un cadène à œil avec anneau de friction, fonctionnent tous les deux très bien ; ce qu'il faut éviter, c'est tout ce qui crée une arête dure et vive contre laquelle les cordages en mouvement viendraient scier. La hauteur de cet ancrage détermine la géométrie de tout le V : il vaut donc la peine de prendre le temps de bien la choisir plutôt que de se contenter de la première pièce d'accastillage disponible.
Les cordages descendants et les branches de récupération
Depuis l'ancrage supérieur, un cordage principal descend de chaque côté puis se divise, via les points de renvoi, en deux ou trois branches qui s'ouvrent en éventail et se fixent à la bôme à intervalles réguliers. Ce sont ces branches qui forment réellement les côtés du berceau, et leur nombre est dicté par la longueur de la bôme : une bôme courte sur une petite grand-voile est bien servie par deux branches par côté, tandis qu'une bôme longue en demande trois pour éviter que la voile ne s'affaisse dans les intervalles non soutenus entre les points d'attache. Les points d'attache sur la bôme sont volontairement répartis, et non regroupés, afin que la voile soit soutenue sur toute sa bordure et non rassemblée à une seule extrémité. C'est l'obtention d'un espacement régulier et symétrique bâbord/tribord qui fait que la voile descend droit au milieu du berceau au lieu de s'affaler d'un côté ou de s'empiler sur l'arrière.
Les points de renvoi
Partout où un cordage change de direction, il faut un point de renvoi, et c'est le composant qui distingue le plus un bon système d'un système médiocre. Le choix classique était une petite poulie, mais sur un montage moderne, l'anneau de friction est presque toujours la meilleure réponse à ces emplacements. Un anneau n'a pas de réa, pas de roulement et aucune pièce mobile susceptible de se bloquer, de se corroder ou de cliqueter ; il est plus léger et plus silencieux dans les hauts, il ne viendra pas battre et marquer le mât ou la voile dans la vague, et un anneau à gorge lisse laisse le cordage glisser avec une résistance étonnamment faible tout en tenant la géométrie du V bien plus stablement qu'une poulie pendulaire ne le fera jamais. Si l'idée est nouvelle pour vous, easysea propose une introduction sur l'utilité d'un anneau de friction qui vaut la peine d'être lue avant de choisir votre accastillage, et l'anneau de friction Olli est un exemple typique du genre de pièce qui convient à ces points de renvoi. Le poids réduit et l'absence de tout élément susceptible de coincer sont exactement ce que l'on recherche sur une pièce qui vit dans les hauts et doit être fiable sans entretien.
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Comment installer des lazy jacks étape par étape
La pose d'un lazy jack est tout à fait à la portée d'un propriétaire compétent travaillant depuis le pont et, pour la fixation sur le mât, soit en montant dans le gréement, soit avec le mât couché. L'ordre des opérations compte, car chaque étape conditionne la suivante, et précipiter le positionnement de l'ancrage haut ou l'espacement sur la bôme vous obligera à refaire la tension plus tard. Travaillez méthodiquement : établissez d'abord l'ancrage haut, puis les fixations sur la bôme, puis passez les lignes dans les points de renvoi, et seulement ensuite réglez la tension et testez. Ne coupez rien à la longueur définitive avant d'avoir hissé et affalé la voile au moins une fois, car un cordage qui semble juste au ponton se révèle souvent trop long ou trop court d'une main dès que la voile tombe réellement dedans.
Étape un : fixer l'ancrage haut sur le mât
Commencez par choisir et poser l'ancrage de mât à cette hauteur des deux tiers, en vérifiant au fur et à mesure que les lignes descendantes dégageront les barres de flèche et les sorties de drisse. Une boucle en Dyneema avec un œil cousu ou épissé vous donne une fixation propre, extrêmement solide et peu encombrante, que vous pouvez amarrer fermement autour du mât sans ajouter de support susceptible d'accrocher ; comme la boucle est souple, elle n'entaille pas l'espar et répartit la charge en douceur. Si vous voulez une version prête à l'emploi de cette fixation exacte, la Sheathed Loop en Dyneema d'easysea est conçue pour être associée à un anneau à faible friction et vous offre un ancrage net et résistant au ragage, sans aucune épissure de votre part. Quelle que soit la solution retenue, réalisez cette connexion dans les règles, car elle supporte tout le système et c'est le point sur lequel vous avez le moins envie de revenir depuis une chaise de calfat en pleine saison.
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Étape deux : répartir les fixations sur la bôme
Le point haut sécurisé, marquez et posez les points de fixation sur la bôme, en répartissant deux ou trois par côté régulièrement le long de l'espar. La symétrie est ici la priorité : les fixations les plus avant doivent se trouver à la même position à bâbord et à tribord, les plus arrière de même, et celle du milieu bien centrée, afin que le berceau soit équilibré et que la voile n'ait aucune raison de privilégier un côté ou l'arrière de la bôme. Vous pouvez utiliser de petites pantoires, des étriers ou des boucles textiles passées autour de la bôme, selon l'espar et vos préférences. Prenez le temps de les positionner, car un espacement irrégulier est la cause la plus fréquente d'une voile qui ne tombe qu'à l'arrière ou qui glisse latéralement hors du berceau, et il est bien plus simple de les placer correctement maintenant que de les déplacer une fois tout gréé et tendu.
Étape trois : passer les lignes et régler la tension initiale
Faites maintenant courir les lignes depuis les fixations de bôme jusqu'aux points de renvoi puis de retour vers l'ancrage haut, en conservant un passage identique des deux côtés pour que les deux moitiés du système se comportent de la même façon. Ramenez les dormants jusqu'à un point où vous pouvez les régler, et donnez une tension initiale modérée, assez ferme pour que les branches s'écartent et gardent leur forme, mais pas au point de comprimer la voile. L'objectif à ce stade est un berceau clairement présent mais détendu. Hissez ensuite la grand-voile en entier, observez comment elle monte à travers le système, affalez-la complètement et regardez comment elle se dépose. Cet essai d'affalement complet est le vrai révélateur, et vous devez vous attendre à plusieurs petits réglages de longueur et de tension avant que la voile ne tombe proprement au milieu du V à chaque fois. C'est seulement une fois ce résultat obtenu que vous couperez les dormants à longueur et terminerez les épissures ou nœuds d'extrémité.
Comment régler et affiner la tension
C'est la tension qui fait la réussite ou l'échec d'un lazy jack, et l'objectif est un réglage intermédiaire dont la plupart des propriétaires ne mesurent l'importance qu'après avoir connu les deux extrêmes. Trop mou, et le V s'ouvre : les côtés du berceau s'affaissent vers l'intérieur, l'écartement s'effondre, et la grand-voile qui tombe déborde simplement par le bord bas et s'échappe latéralement sur le pont, annulant tout l'intérêt du montage. Trop tendu, et vous basculez dans le problème inverse : les branches tirent fort contre la voile, le V se resserre, et à la montée les lattes et la chute libre accrochent sur les lignes tendues, bloquant l'envoi et vous obligeant à monter plein vent debout pour dégager la voile en la secouant. Aucun de ces extrêmes n'est souhaitable, et la bonne réponse est une tension modérée où les branches sont assez fermes pour garder leur forme et leur écartement, mais assez souples pour s'effacer au passage de la voile qui monte.
Deux habitudes rendent la vie avec un lazy jack bien plus simple une fois la tension à peu près juste. La première est de hisser avec le bateau face au vent, ou très près, pour que la voile monte droit à l'intérieur du berceau plutôt que d'être poussée sur un côté où les lattes viendront accrocher les lignes ; cette seule technique élimine la majorité des blocages à l'envoi que l'on reproche au système lui-même. La seconde est de gréer les lazy jacks de façon à pouvoir les rabattre vers l'avant et les fixer au mât quand vous n'êtes ni en train d'envoyer ni d'affaler : cela dégage les lignes de la chute libre, supprime tout risque de ragage sur la voile pendant la navigation et laisse la grand-voile prendre sa forme sans interférence. Beaucoup de plaisanciers en croisière montent le leur ainsi d'office, ne remettant les jacks en place que pour l'envoi et l'affalement : un petit raffinement qui réduit sensiblement l'usure et améliore la forme de voile.
Résoudre les problèmes courants de lazy jack
Presque toutes les plaintes concernant les lazy jacks se ramènent à l'une de quatre causes, et comme le système est simple, les remèdes le sont aussi dès lors que vous avez identifié le composant fautif. Le tableau ci-dessous relie les symptômes que vous constaterez réellement en mer à leur cause probable et à l'action corrective. Parcourez-le dans l'ordre quand quelque chose ne va pas, et résistez à la tentation de sur-tendre comme remède universel, car un excès de tension résout un problème tout en en créant deux autres : envois qui accrochent et ragage accéléré.
| Symptôme | Cause probable | Solution |
| La voile s'échappe latéralement sur le pont en tombant | Lignes trop molles : le V s'ouvre et perd son écartement | Augmentez la tension jusqu'à ce que les branches s'écartent fermement et que le berceau garde sa forme |
| Les lattes ou la chute accrochent les cordages pendant l'envoi | Cordages trop tendus ou V trop étroit, avec un envoi hors du vent | Réduisez la tension, élargissez le V en écartant les points de fixation sur la bôme et envoyez la voile bout au vent |
| La voile ne descend qu'à l'arrière et s'entasse sur la bôme | Points de fixation sur la bôme mal répartis ou regroupés vers l'arrière | Repositionnez les fixations de façon régulière le long de la bôme, symétriques bâbord et tribord |
| Ragage sur la voile et bruits de cliquetis ou de choc dans la mâture | Points de renvoi durs ou à forte friction, ou cordages laissés contre la chute pendant la navigation | Passez à des anneaux lisses à faible friction et ramenez les lazy jacks vers l'avant, contre le mât, en navigation |
| Un côté du berceau ne se comporte pas comme l'autre | Passage des cordages, tension ou écartement des fixations asymétriques entre bâbord et tribord | Reproduisez exactement le même passage, la même longueur et le même écartement des deux côtés, puis refaites un essai d'affalage |
Les lazy jacks et le lazy bag
Le complément naturel d'un système de lazy jacks est le lazy bag, cette housse en toile à fermeture éclair qui se monte de chaque côté de la bôme et contient la grand-voile affalée. Dans cette configuration, les brins des lazy jacks se terminent sur les bords supérieurs du lazy bag plutôt que directement sur la bôme : les cordages qui retiennent la voile la guident donc aussi vers l'ouverture du sac. Une fois l'affalage terminé, il ne reste plus qu'à fermer la fermeture éclair sur une grand-voile déjà proprement pliée à l'intérieur. Cette combinaison est devenue la norme sur les bateaux de croisière précisément parce qu'elle regroupe deux corvées, contenir la voile et la couvrir, en une seule opération fluide, et parce qu'elle protège la voile des UV et des salissures sans avoir jamais à installer une housse séparée. Pour que l'ensemble fonctionne, la géométrie en V des lazy jacks doit toutefois correspondre à l'ouverture du sac : si le berceau canalise la voile vers un point qui manque l'ouverture, la toile vous résistera à chaque fois. Les deux éléments doivent donc être réglés ensemble, comme un seul système, et non ajoutés indépendamment l'un de l'autre. Bien alignés, ils rendent l'affalage et le rangement de la grand-voile aussi simples que possible.
Anneaux à faible friction ou poulies aux points de renvoi
Comme les points de renvoi déterminent largement le comportement du système, la question anneau ou poulie mérite une section à part entière. Une poulie se justifie là où vous avez besoin d'un démultiplicateur ou là où un cordage travaille sous forte charge et à grande vitesse, mais un point de renvoi de lazy jack n'est ni l'un ni l'autre : les charges sont modérées, les mouvements occasionnels, et ce que vous voulez vraiment, c'est un accessoire léger, silencieux, sans entretien et géométriquement stable. Un anneau à faible friction réunit ces quatre qualités. Il ne peut pas se bloquer puisqu'il n'a rien qui puisse se bloquer ; il n'a pas de roulement à corroder ni de réa à perdre ; il n'ajoute pratiquement aucun poids en hauteur ; et il maintient l'angle du V stable au lieu de pivoter comme le fait une poulie, ce qui rend la forme du berceau prévisible. Le cordage passe sur une surface fixe plutôt que sur une surface roulante, il y a donc de la friction, mais pour le service léger et intermittent d'un lazy jack cette friction est négligeable et constitue un juste échange contre la fiabilité gagnée. Si vous souhaitez évaluer ce compromis général pour votre propre bateau, le guide easysea sur le choix entre anneau à faible friction ou poulie présente clairement la décision à prendre, et la gamme modulaire Olli Flex couvre les cas où une poulie est réellement le bon outil ailleurs sur le bateau.
Matériaux et dimensionnement
Les lazy jacks mènent une vie difficile, entre soleil et sel, et les matériaux que vous choisissez déterminent la durée pendant laquelle le système restera silencieux et la douceur avec laquelle il traitera votre grand-voile. Pour les brins courants, un cordage en polyester de bonne qualité est le choix par défaut le plus sensé : il résiste bien aux UV, s'allonge peu, ce qui permet au berceau de conserver sa forme, et il est assez souple pour ne pas abraser agressivement la toile s'il vient frotter la chute. Pour les boucles de fixation et toutes les parties dormantes fortement chargées, une fibre à haut module comme le Dyneema offre une résistance énorme pour un diamètre minuscule, ce qui est exactement ce que l'on recherche pour une fixation peu encombrante, peu sensible au vent et qui ne ragera pas le mât. Le dimensionnement suit la charge et la maniabilité plutôt que la résistance brute, car les charges sont ici faibles : choisissez un diamètre que vous pouvez saisir et régler confortablement et qui convient aux points de renvoi et à la taille du bateau, plutôt que de surdimensionner pour une résistance dont vous n'aurez jamais besoin. En règle générale, le nombre de brins évolue avec la bôme : deux par côté pour une grand-voile modeste et trois par côté dès que la bôme est suffisamment longue pour que deux laissent la voile sans soutien en son milieu. Si vous souhaitez réfléchir plus largement au choix des cordages à bord, le guide easysea sur la façon de choisir votre manœuvre courante est un complément utile, car les mêmes principes d'allongement, de résistance aux UV et de toucher s'appliquent directement aux cordages de lazy jacks.
Entretien, inspection et erreurs courantes
Un système de lazy jacks demande très peu d'entretien, mais le peu qu'il demande se traduit par des années de service silencieux, et les défaillances qui se produisent sont presque toujours de celles qui s'installent lentement et que l'on peut détecter tôt d'un simple coup d'œil. Les deux éléments qui s'usent sont les cordages, aux endroits où ils passent dans les points de renvoi et partout où ils peuvent frotter la voile, et les fixations en hauteur, qui travaillent en permanence sous charge et en pleine intempérie. Prenez l'habitude de passer l'œil et les doigts sur les brins descendants chaque fois que vous êtes au pied de mât, à la recherche des peluches et des zones lustrées qui signalent le ragage, et vérifiez la fixation haute et les attaches des points de renvoi pour détecter tout signe de jeu ou d'usure, au moins au début et à la fin de chaque saison. Comme le système est simple, remplacer un brin fatigué ou une boucle textile est un travail rapide, et le faire avant la rupture vous évite la tâche bien plus pénible de gérer un cordage cassé en essayant d'affaler la grand-voile dans la brise.
Les erreurs commises par les propriétaires sont récurrentes et faciles à éviter une fois qu'on les connaît. La principale consiste à laisser les lazy jacks tendus contre la chute pendant la navigation, ce qui rague la voile en continu et nuit à son réglage ; ramener les cordages vers l'avant, contre le mât, lorsqu'ils ne servent pas règle totalement le problème. La deuxième est une surtension chronique, dans une tentative bien intentionnée d'empêcher la voile de s'échapper, qui remplace le problème d'échappement par des envois qui accrochent et une usure accélérée, alors que la vraie réponse est une tension modérée associée à un envoi bout au vent. La troisième est l'utilisation de points de renvoi durs, à forte friction ou bruyants, qui marquent le mât, usent le cordage et vous empêchent de dormir au mouillage, et qu'un anneau lisse à faible friction élimine d'emblée. Enfin, gardez la toile de voile elle-même propre, car le sable incrusté dans le tissu transforme tout contact avec les cordages en papier de verre ; le guide easysea sur comment nettoyer vos voiles traite bien ce sujet, et une voile propre associée à des anneaux lisses et à des cordages correctement tendus donne un système qui fonctionne tout simplement, saison après saison, sans se plaindre.
Questions fréquentes
Peut-on ajouter des lazy jacks sur une grand-voile existante ?
Oui, et c'est l'une des raisons du succès de ce système : un gréement de lazy jacks est totalement indépendant de la voile elle-même et se fixe au mât et à la bôme, et non à la grand-voile. Vous pouvez donc l'installer sur un bateau et une grand-voile que vous possédez déjà, sans aucune modification de la voile. La seule exigence est de dimensionner le système en fonction de votre bôme et de votre mât, et de répartir correctement les points de fixation selon la longueur de votre bôme, afin que le berceau corresponde à votre gréement. Tant que vous respectez l'ordre de montage et réglez la tension avec soin, un système ajouté après coup fonctionne aussi bien qu'un système monté d'origine.
Les lazy jacks abîment-ils ou usent-ils ma voile ?
Un système correctement réglé n'abîmera pas votre voile, mais un système mal réglé peut l'user, et la différence tient à deux choses : le frottement et la tension. Le ragage survient lorsque les bosses restent appuyées contre la chute pendant la navigation, ou lorsque des points de renvoi durs et rugueux scient le cordage et transmettent cette rugosité à la voile. Gardez des points de renvoi lisses en utilisant des anneaux à faible friction, appliquez une tension modérée plutôt qu'excessive, et ramenez les lazy jacks vers l'avant, à l'écart de la voile, lorsque vous naviguez : l'usure devient alors négligeable. Ajoutez à cela une voile propre et il ne reste plus rien pour attaquer les fibres, si bien que le système rend service pendant des années sans marquer la toile.
Les anneaux à faible friction sont-ils vraiment meilleurs que les poulies pour les points de renvoi ?
Pour les points de renvoi des lazy jacks en particulier, l'anneau à faible friction est généralement le meilleur choix, pour des raisons pratiques et non de mode. Les charges à ces points sont faibles et le mouvement occasionnel : le réa d'une poulie ne vous apporte donc rien, tandis que vous héritez de son poids, de son bruit, de sa géométrie pendulaire et de ses roulements susceptibles de gripper ou de se corroder. Un anneau est plus léger et plus silencieux dans les hauts, n'a aucune pièce mobile susceptible de lâcher, maintient la forme du V et laisse la bosse coulisser suffisamment librement pour cet usage modeste. La poulie reste l'outil adapté là où une charge réelle défile vite ou lorsque vous avez besoin d'un démultiplicateur, mais ce n'est pas le cas d'un point de renvoi de lazy jacks.
Combien de branches par côté me faut-il réellement ?
Le nombre de branches dépend de la longueur de votre bôme, car leur rôle est de soutenir la voile de façon homogène sur toute sa bordure, sans longues portions sans appui. Sur une petite grand-voile avec une bôme courte, deux branches par côté suffisent largement et gardent le système simple et léger. Sur une bôme plus longue, deux branches laisseraient le milieu de la voile s'affaisser entre les fixations avant et arrière : on passe alors à trois par côté pour combler cet écart et maintenir un berceau qui soutient la voile d'un bout à l'autre. Répartissez le nombre retenu de manière régulière et symétrique, car un espacement régulier compte davantage pour le bon fonctionnement du système que le nombre de branches en soi.
Faut-il affaler les lazy jacks pendant la navigation ?
Il n'est pas nécessaire de les déposer, mais il faut les écarter, et la solution classique consiste à gréer le système de manière à pouvoir le rabattre vers l'avant et le frapper sur le mât lorsque vous n'êtes ni en train de hisser ni d'affaler. Cela dégage les bosses de la chute, ce qui permet à la grand-voile de bien porter sans que les lazy jacks n'en déforment le profil et, tout aussi important, supprime le ragage permanent dû aux bosses appuyées contre la voile heure après heure. Remettre les lazy jacks en position de travail ne prend qu'un instant au moment d'affaler : vous bénéficiez du maintien quand vous en avez besoin et d'une voile libre de toute gêne le reste du temps.
Les lazy jacks fonctionnent-ils avec un lazy bag ou un stack pack ?
Ils fonctionnent très bien ensemble et, de fait, les deux sont conçus comme un ensemble sur la plupart des bateaux de croisière. Dans cette configuration, les branches des lazy jacks se terminent sur les flancs du lazy bag et guident la grand-voile qui descend dans son ouverture : les mêmes bosses qui contiennent la voile la font aussi tomber dans le sac, prête à être refermée par la fermeture à glissière. La seule chose à soigner est l'alignement : le V formé par les lazy jacks doit coïncider avec l'ouverture du sac, afin que la voile soit canalisée dans le sac et non à côté. Réglez les lazy jacks et le sac ensemble, comme un seul système, ajustez la géométrie pour que la voile tombe bien à l'intérieur, et ranger la grand-voile devient vraiment une affaire d'une seule personne et d'un seul geste.






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